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PORTRAITS D’ISERE Catherine Balet (photo) . Najett Maatougui (texte)

26 juin 2009

portraits-isere2Agnès Chotin
Chef cuisinier
Régner en chef incontesté sur un haut lieu de la gastronomie grenobloise – Napoléon lui même y dîna -, il y a de quoi s’enorgueillir ! Agnès Chotin, elle, résiste à cette tentation. Elle se demande même pourquoi on s’interesse à elle.  » Ce qui compte avant tout, c’est ma cuisine. Je veux juste que les gens l’apprécient. » Pour cette jeune femme réservée et discrète, pas question de tour de salle en fin de service pour recevoir les félicitations des clients, comme c’est la coutume pour les grands chefs. « Ceux qui veulent me parler, je les invite dans ma cuisine, je trouve ça plus naturel. » Peut-être plus confortable aussi. Cette cuisine c’est son territoire. Et quand les clients viennent lui témoigner leur reconnaissance ? « C’est ma plus belle récompense » , confie-t-elle avec une pointe d’émotion. Voila maintenant quinze ans qu’Agnès Chotin oeuvre au fourneaux de l’auberge Napoléon. Sa marque de fabrique ? Chacun des menus qu’elle propose fait la part belle aux produits frais de saison. Elle aime aussi travailler les vieux légumes, « les légumes oubliés ». Elle s’est même récemment lancée dans une formation de naturopathe. « Je crois véritablement aux bienfaits d’une certaine alimentation pour la santé », explique-t-elle. Son ambition est de créer , un jour, une cuisine qui composerait avec des herbes ou des plantes à la saveur subtile pour le palais et aux vertus certaines pour le corps.
Agnès Chotin fait ses emplettes auprès des producteurs situés dans le Y grenoblois qui répondent aux critères de qualité qu’elle exige pour sa cuisine. Elle est aussi une fidèle du marché Hoche où se fournissent les restaurants gastronomiques de la régionet quelques particuliers des plus intraitables sur la qualité des produits. « Nous avons la chance d’avoir ici une agriculture biologique importante, indique Agnès Chotin. Quand ce n’est pas bio, c’est de l’agriculture raisonnée. » C’est-à-dire une agriculture n’employant des angrais qu’en tout dernier recours.
L’autre passion d’Agnès Chotin, si elle a un lien direct avec les richesses naturelles de l’Isère , n’en est pas moins surprenante. Depuis 1992, elle pratique le side-car. Il est vrai qu’elle en a une conception plus bucolique que sportive. « La différence avec la moto, précise-t-elle, c’est l’esprit plus familial mais aussi plus sage du side-car. »
A l’origine, le side-car était un panier d’osier à roulettes, charrié par une moto. C’est à cette tradition qu’elle se réfère. régulièrement, avec des amis et leurs enfants – elle, ce sont ses deux chats qui l’accompagnent -, Agnès Chotin concocte des ballades champêtres, un peu comme elle compose ses menus, et consacre son temps de loisir à sillonner le département. Elle aime se ballader dans les Gorges de la Bourneet près des lacs (Achard, Lauvitel). Discrète mais baroudeuse, minutieuse mais éprise de liberté, Agnès Chotin est une femme tout en contraste. Et sa cuisine est à son image : simple et raffinée à la fois, authentique et originale. Une cuisine plus que savoureuse, belle.

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